Il y a bien longtemps...

L'âge du fer (p. 55)

Davantage de découvertes sont rattachables au second âge du Fer, (période de La Tène, de 480 à l5 avant Jésus-Christ environ). Quelques tombes à inhumation retrouvées à Bex, ainsi qu'à Villy, la Combaz et Saint-Triphon (Ollon) contenaient diverses pièces de parure, d'arme-ment ou encore de vaisselle. Une monnaie en or provenant de Port-Valais et d'autres trouvailles isolées disséminées dans le Chablais indiquent une fréquentation de l'ensemble de la région.
En revanche, les zones d'altitude n'ont pour l'instant livré aucun vestige.

A l'aube du Moyen Age (p. 56)

Du Haut Moyen Âge, qui s'étend du Se au 8e siècle après Jésus-Christ, nous ne connaissons que peu de vestiges, mis à part le site de l'Abbaye de Saint-Maurice, fondée en 515 après Jésus Christ et maintes fois transformée.
Des sépultures ont été découvertes à différents endroits, comme à Collombey-Muraz, Bex, Yvorne, Villy ou Vouvry. Certaines contenaient des objets caractéristiques comme des boucles de ceinture ou des fibules.

Vestiges archéologiques et occupation du territoire dans la commune d'Ollon (p. 58)

Les ressources naturelles offertes par la plaine ont toutefois été utilisées dès le Mésolithique, comme le montre l'étude des restes de faune trouvés dans l'abri de Châble-Croix, entre Col-lombey et Vionnaz. Des ossements de castor, probablement chassé pour sa fourrure, ainsi que des arêtes de truite et des coquilles d'oeufs de canard ont en effet pu être identifiés.
Avec le développement, dès le Néolithique, de l'élevage et de l'agriculture, il est probable que les troupeaux aient été mis à pâturer dans la plaine, en particulier dans la région de Saint-Tri-phon et de Charpigny, collines où la densité des vestiges indique la présence d'une population relativement nombreuse.
A l'époque romaine, les exploitations agricoles voient leur taille augmenter avec la création de grands domaines dont les archéologues connaissent surtout la partie résidentielle ou pars urbana, souvent luxueusement aménagée et décorée de peintures murales, colonnades, plaquages de marbre et mosaïques.
Dans le Chablais, ces villae sont le plus souvent construites sur les cônes d'alluvions en bor-dure de la plaine. Les abords du Rhône devaient certainement être intégrés à ces grandes exploitations, bien que nous ne puissions préciser de quelle manière.
Sur la commune d'Ollon, des villae de ce type ne sont pas attestées avec certitude, mais on en
soupçonne l'existence à Villy, ainsi qu'au pied du versant oriental de la colline de Saint Triphon (à l'Ouest des Larines).

(p. 62)

Comme souvent, ce sont des travaux nécessaires à la plantation de vignes qui, en 1836, 1859 et 1903, sont la cause de la mise au jour des tombes au lieu-dit Derrière-la-Roche, au Sud-Est du village d'Ollon. Les objets tirés de ces tombes, deux haches, deux poignards et un brassard en bronze, peuvent être datés de la phase ancienne de l'âge du Bronze, aux alentours de 2000 -1600 av. J .-C.
Une trouvaille similaire a lieu à Villy en 1913 ou 1914. L'exploitation d'une gravière par la famille Anex au lieu-dit Champ Plan entraîne la mise au jour d'une tombe contenant plusieurs objets en bronze (hache, poignard, épingles et spirales ornementales) de la même époque que les vestiges de Derrière-la-Roche.
Dans cette même région, d'importantes découvertes d'une époque plus récente, l'âge du Fer, témoignent de l'attractivité du pied de coteau pour les populations successives.
Plusieurs tombes détruites en 1857 à Villy contenaient des objets typiques de la civilisation celtique des débuts de l'époque de la Tène, entre 480 et 280 av. J .-C.
D'une autre tombe trouvée au milieu du XIXe siècle à Villy a été sortie une épée en fer dans son fourreau, datée cette fois de La Tène moyenne, entre 280 et 150 av. ].-c.
De même, trois tombes remontant à la transition La Tène ancienne - La Tène moyenne (env. 300-200 av. J.-c.) sont apparues en 1862 sous le plancher d'une maison incendiée à la Combaz, près du hameau des Fontaines et de l'Abbaye de Salaz.

(p 64-65)

D'autres tombes sont découvertes à Villy entre 1912 et 1915 au cours de l'exploitation de la gravière Anex, comme c'était déjà le cas pour les trouvailles de l'âge du Bronze mentionnées plus haut.
La façon dont ces sépultures sont aménagées et le mobilier qu'elles contiennent indiquent clairement qu'elles remontent au Haut Moyen Âge, entre le 5e et le 8e siècle ap. J.-C.. La dépouille d'un cheval était déposée à proximité.
D'après les descriptions datant de l'époque de la découverte, les défunts étaient accompagnés de parures telles que colliers de perles en pâte de verre et ambre, boucles d'oreille en argent ornées de cubes, bague, couteau ou épée.
Malheureusement, ces sépultures sont détruites intentionnellement par les propriétaires de la gravière, fâchés contre l'Etat dont ils espéraient un prêt et une commande de gravier plus importante. Les objets qu'elles contenaient ne sont jamais remis au Musée.
Des sépultures parfois entourées de dalles, contenant des squelettes étendus, ont été mises au jour dans le village d'Ollon (à la Crêtaz et à la Chenalettaz) ainsi qu'au lieu-dit Tombey, situé à la sortie d'Ollon en direction d'Aigle. Elles n'étaient accompagnées d'aucun mobilier qui permette de les dater mais, vu la façon dont elles étaient aménagées, pourraient également remonter au Haut Moyen Âge.
Mis à part les nombreuses tombes découvertes en bordure de la plaine, très rares sont les vestiges de nature différente. Il faut toutefois mentionner la mise au jour à Villy de murs et de fragments de tuiles pouvant appartenir à un établissement d'époque romaine.
D'autre part, une amphore également romaine a été découverte dans une vigne au lieu-dit Taxerex.

Il y a moins longtemps...

Le village

Villy se blottit au bord de la plaine, près de terres fertiles cultivées depuis des siècles. Il recèle quelques surprises architecturales. En 1790, Pierre-Gabriel Anex fait certainement réfé-rence à des racines montagnardes lorsqu'il construit en madriers près de la fontaine.
Plusieurs maisons remontent au milieu du XIXe siècle selon François Isabel: "Louis Saussaz de Forchex, colonel et député, bâtit 7 ou 8 bâtiments à Villy, entre autre une fort belle grange en 1853, avec colonnes en marbre et caves voûtées. Elle dessert encore un grand domaine de cultures maraîchères, muni vers 1900 d'une habitation aux allures de petit château romantique.
Au début du XXe siècle, l'exploitation des carrières de gypse suscite la construction d'un café surmonté d'un étonnant toit en pavillon.

La fontaine du village

La mention la plus ancienne concernant une fontaine à Villy date de 1728 et précise que "Discret Jean Pierre Ruchet de Villy et Michel Durant dudit lieu ont demandé au nom dudit village la permition de pouvoir faire coupper un chesne dernier la Roche propre à établir une chèvre et boullet pour leur fontaine au dit lieu".
On ne fait donc qu'équiper une fontaine déjà existante. En 1876, on adjuge à Jaques Perazzini la fabrication d'un nouveau bassin dont la date est encore visible aujourd'hui. L'ancien élément, plus petit, est déplacé à Auliens.

L'Aigle - Ollon - Monthey - Champéry (AOMC)

Avec l'ouverture de la ligne du Simplon et la construction de nombreux hôtels à Leysin, aux Ormonts, à Chesières et surtout à Villars au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, le tourisme prend un essor considérable Un important service de diligences à partir d'Aigle est mis en place pour desservir les différentes stations, mais il est souvent difficile d'assurer un service régulier.
Dès 1890, des pourparlers sont engagés dans le but de créer une liaison par voie ferrée entre Aigle et Ollon; cependant, la première demande de concession fédérale pour un tramway électrique n'est présentée que le 6 décembre 1896. Quelques mois plus tard, une nouvelle demande de concession est déposée, prévoyant, cette fois-ci, une ligne Aigle - Ollon - Villars.
Du côté valaisan, il est proposé de construire une ligne directe entre Aigle et Monthey.
La commune d'Ollon, constatant que le projet de l'Aigle - Villars n'avance pas, entre en contact avec le comité d'initiative valaisan et propose que la liaison Aigle - Monthey desserve ce village.
Finalement, après de nombreuses discussions et transactions, un seul comité concessionnaire obtient le 30 mars 1900 l'autorisation fédérale.
Toutefois, l'obtention des fonds nécessaires à la construction de la ligne s'avère beaucoup plus difficile que prévu et l'usine des Farettes à Aigle, qui doit fournir l'énergie électrique, n'est pas encore construite. Par trois fois, des demandes de prolongation sont accordées et l'assemblée constitutive de la Compagnie du chemin de fer Aigle - Ollon - Monthey se tient le 4 juin 1904 tandis que les travaux commenceront en avril mai 1905.
L'inauguration a lieu le 2 avril 1907, suivie le lendemain par la mise en exploitation régulière de la ligne qui sera terminée par l'ouverture du tronçon Monthey-Champéry le 30 janvier 1908.

Cartes anciennes

  • Village ami
  • 1781
  • 1819
  • 1875
  • 1903
  • 1940

Nos remerciements vont à :

L'Académie du Chablais qui nous ont autorisés à puiser nos informations dans le livre "Ollon-Villars"

Carine Wagner et autres
Ollon Villars Aigle
Académie du Chablais 2007, 399 p.